PS : S.Royal et Aubry affichent leur volonté d'un accord
L'ex-candidate à la présidentielle souhaite prendre toute sa place dans la direction
du PS. Martine Aubry y met comme condition l'approbation d'une motion commune, qu'elle présentera en milieu de semaine.
C'est ce qui s'appelle un intérêt partagé. Martine Aubry, élue à l'arraché premier
secrétaire du PS, a tout à gagner à ce que Ségolène Royal ne débute pas dès maintenant la bataille interne pour 2012. La présidente
de Poitou-Charentes a, elle, senti que sa stratégie
d'opposition frontale et même de judiciarisation n'était pas tenable : vis-à-vis de l'opinion d'abord, mais aussi au sein de son propre camp. Alors que des voix
divergentes commençaient à se faire entendre chez ses proches, notamment Vincent Peillon et Jean-Noël Guérini (patron de la fédération des Bouches-du-Rhônes), Ségolène Royal a depuis vendredi
changé de stratégie, offert ses services à Martine Aubry et invité ses troupes à prôner « l'apaisement et le rassemblement ». Elle a affirmé, ce week-end, vouloir faire « don des 50
% de militants » qui ont voté pour elle, parce que « les militants veulent que le PS soit uni ». Volonté réelle.
Les deux femmes ennemies du Parti socialiste se sont en tout cas rencontrées par deux fois en fin de semaine dernière -
avec leurs équipes - pour tenter de jeter les bases d'un accord. Les discussions semblent tendues. Martine Aubry pose comme préalable l'approbation d'un texte d'orientation (le congrès de Reims
n'ayant débouché sur aucune synthèse), élaboré avec ses alliés Bertrand Delanoë et Benoît Hamon, et qu'elle présentera en milieu de semaine. L'importance et le nombre de postes que les royalistes
obtiendront dans la nouvelle direction seront fonction de leur soutien au texte. « S'il y a des convergences possibles, il est normal que l'équipe de Mme Royal intègre à part entière la
direction », a expliqué samedi un proche de la maire de Lille, David Le Bon. « S'il n'y a pas d'accord, Martine Aubry fera l'effort de proposer l'intégration à la direction de partisans
de Ségolène Royal, mais ses propositions ne seront pas de même nature. »
Il n'empêche : la marge de manoeuvre de la première secrétaire est extrêmement ténue. Sachant que les places de
direction seront chères - Martine Aubry s'est fixé pour objectif de constituer une équipe resserrée -, ses alliés tentent eux aussi de peser dans le débat. Hier sur Canal+, Benoît Hamon, le
candidat de la gauche du parti, a indiqué qu'il ne participerait à la direction du PS que si Martine Aubry adopte une ligne « extrêmement combative ». « Au moment où le climat social
est en train de devenir extrêmement lourd (...) il faut qu'on se tourne vers les gens et qu'on ait des réponses clivées par rapport à la droite. Si Martine Aubry a l'ambition d'incarner cela,
j'en serai, si elle ne veut pas l'incarner, je n'en serai pas », a-t-il indiqué.
Cela dit, les débats portent, semble-t-il, moins sur le fond (Ségolène Royal a elle aussi assuré vouloir un Parti
socialiste « plus ancré à gauche ») que sur la question devenue extrêmement sensible de la rénovation du Parti socialiste. Sortant de leur réunion samedi, Ségolène Royal a voulu croire
que « Martine Aubry partage l'idée que le PS doit être un parti de masse, ouvert », thème à l'origine du psychodrame de Reims : l'ex-candidate à la présidentielle avait été accusée de
vouloir abandonner le « parti de militants »
pour un « parti de supporters ».
Source : les echos
Ségolène Royal : ce que le 50% du parti socialiste est incapable de voir
J’ai lu un intéressant article écrit par l’un des artisans de la victoire présidentielle
de Sarkozy. De surcroît, l’un des acteurs médiatiques centraux de la campagne présidentielle. Il s’agit d’Alain Minc, ex-président du conseil de surveillance du Monde. Mieux que quiconque, il
sait de quels formidables moyens médiatiques Sarkozy avait bénéficié face à Ségolène Royal. Un esprit brillant, un conseiller économique qui a globalement
une réussite personnelle peu banale.
Je vous cite un passage :
« On va donc vivre une sorte de statu quo, avec la cohabitation
bizarre d'une logique d'appareil à l'ancienne et de la candidature présidentielle virtuelle, en surplomb, de Ségolène Royal alchimie des contraires que je crois durable sans divorce. La logique
présidentielle est orthogonale à la culture socialiste. Le PS est parlementariste dans son propre fonctionnement : la logique présidentielle née des institutions est donc un greffon artificiel.
Pour autant, on ne saurait considérer le cheminement de Ségolène Royal comme une aventure particulière, dès lors que 47 % de Français s'y reconnaissent. Quelle que soit l'estime qu'on lui porte
ou non, elle a acquis une légitimité. » (Figaro du 28.11.08, article intitulé : Alain Minc : «Vers une cohabitation
bizarre»)
Orthogonal est un terme géométrique qui se dit de deux droites, lorsqu'elles sont perpendiculaires, d'où qu'on les
regarde. Comme, par exemple, une verticale par rapport à une droite dans un plan horizontal.
Il y a la raison institutionnelle à ce terme orthogonal choisi par Minc. La hiérarchie présidentielle, le centralisme
du pouvoir qu’elle implique, est un corps étranger au PS. Mais, si le PS est incapable de s’intéresser de plus près à ce pouvoir, il est condamné à être rejeté indéfiniment dans l’opposition, se
privant ainsi des meilleures chances de promouvoir ses idéaux.
Ségolène Royal est dans autre logique, une autre dimension, que simplement gauche-droite. Déjà, une logique
présidentielle doit rassembler un éventail bien plus vaste que l'extrême-gauche ou même la gauche qui ne dépasse jamais guère que 40% en France. Même, lynchée durant deux ans par les nombreux
médias sarkozystes, même agressée et trahie par le TSS, son charisme reste impressionnant. Son contact avec le peuple, à chacune de ses apparitions reste un enchantement, un moment de bonheur
partagé. Reims a apporté la démonstration éclatante que ni Delanoë, ni Hamon, ni Aubry, pris individuellement, n’ont un charisme suffisant pour rivaliser avec elle. Seule la combinaison
laborieuse des trois est parvenue à l’égaler. A ce point de vue, le PS dispose-là une force peu commune qu’il ne parvient toujours pas à intégrer.
Une autre raison que Minc voie juste, lorsqu’il dit que la logique de Ségolène Royal est orthogonale par rapport à
celle du PS , est que Ségolène Royal n'est pas inféodée à une idéologie, mais elle est dans un pragmatisme qui peut se résumer en une seule phrase :
Elle recherche le meilleur, au sens le plus universel.
Tout être humain, toute communauté peut adhérer à cet objectif. C'est celui d'une logique présidentielle digne de ce
nom.
Les solutions peuvent apparaître tantôt d’extrême-gauche, à l’instar de la nationalisation partielle des banques prônée
actuellement par Ségolène Royal. Elle le fait, parce que c’est actuellement dans beaucoup de pays la meilleure chance de préserver les places de travail, les entreprises, lorsque les banques
refusent de prêter. L’Angleterre l’a fait. Les USA et Paulson y viennent. Tantôt elle privilégiera des solutions qu’on lui reprochera être de droite, tel l’encadrement éducatif de type militaire
pour les voyous irrécupérables qui dévastent les banlieues. Là-aussi, lorsque le quotidien d’une personne est devenu le racket, l’abus de confiance, le trafic de stupéfiants et la violence, il
est improbable de s’en sortir sans mesure contraignante. Un encadrement contraignant, capable de leur inculquer d’autres valeurs, d’autres compétences de survie, d’existence, plus utiles à la
communauté et à eux-mêmes. Elle se démarque néanmoins de la droite, qui ne fait que les jeter dans des prisons surpeuplées.
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